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Le temps est compté ou la parabole de Sophie la girafe

  • Par eret
  • Le 24/03/2016

Le temps est compté ou la parabole de Sophie la girafe

Le thème de notre week-end jeunesse était le suivant : la course contre la montre (ou, « Le temps est compté » !). Et la vidéo que nous venons de voir nous a montré un jeune homme qui a remis à plus tard quelque chose d'essentiel. Il a repoussé ce moment où il devait parler de Jésus à son père … et son père est mort avant qu'il ne puisse lui en parler. C'est terrible ! Mais ce n'est pas ce qui me surprend le plus dans cette vidéo. Il y a autre chose d'incroyable dans cette vidéo. Vous l'avez sûrement noté ! Cet homme dort avec Sophie la girafe. Voilà un célibataire d'une trentaine d'années qui dort avec ce jouet pour enfant ! Dans la vidéo d'ailleurs, il s'allonge dessus le jouet (qui produit ce son caractéristique que nous connaissons tous) et se réveille.

Nous voulons donc vous parler ce matin de Sophie la girafe et de ce sentiment que nous avons parfois d'être dans l'urgence. Dans la première partie du culte, Léa nous a parlé de cette décision que nous devons prendre quant à la priorité de nos actions. Si cet homme avait vraiment décidé que le plus important, dans sa journée, était d'aller voir son père pour lui parler de Jésus, il n'aurait pas accepté de déplacer ce rendez-vous, pour aller finalement jouer au golf avec son ami … Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? Pourquoi remettons-nous souvent à plus tard des choses importantes, pour finalement même ne pas les faire du tout ?

C'est aujourd'hui le jour du salut !

Revenons maintenant au texte que nous venons de lire (2 Co 5,11-6,2) et dans lequel l'apôtre Paul parle lui aussi d'une urgence. Paul le dit clairement : « C'est aujourd'hui le jour du salut » ! Ce n'est pas demain ni après demain ! Aujourd'hui ! Paul utilise aussi, dans le même passage, les mots « persuader » et « supplier » et nous comprenons que le temps nous est compté. Il y a une urgence.

Nous constatons pourtant que bien souvent nous ne cherchons pas à persuader et nous ne supplions pas vraiment ceux qui nous entourent (de se réconcilier avec Dieu). Hier, avec les jeunes, nous avons même parlé de cette difficulté que nous avons de simplement parler de Dieu aux autres. Avant même de penser à persuader ou à supplier, il faudrait que nous osions parler de Dieu … et trop souvent nous n'osons pas ! Nous avons peur qu'on se moque de nous. Nous avons peur que le regard des autres change et que nos relations changent. Nous avons peur de faire quelque chose d'interdit parce que nous comprenons que dans notre société, il y aussi des règles qui font que certains adultes n'ont pas le droit de parler de Dieu sur leur lieu de travail … Alors comment faire ?

Et qu'est-ce que cela veut dire d'affirmer que le temps est compté ?

Avons-nous reçu le trésor de Dieu ?

La première des questions que nous devons nous poser, c'est de savoir si nous avons reçu le trésor de Dieu dans nos vies. Dans le passage que nous avons lu, Paul explique que ceux qui ont cru en Jésus sont devenus de nouvelles créatures. Il explique ensuite que leur regard sur les autres a changé. Ils ne regardent plus ceux qui les entourent de façon humaine. Un peu plus tôt, dans sa lettre, Paul explique que les chrétiens sont des vases d'argile qui portent un trésor. En disant cela Paul nous rappelle que nous sommes fragiles mais que nous portons le trésor de Dieu. Or cette affirmation nous permet de poser la première question (qui est de loin la plus importante des questions) : avons-nous reçu ce trésor ? Autrement dit « Sommes-nous sauvés ? ». Avons-nous reçu l'Esprit de Dieu en nous ? Sommes-nous chrétiens ? Je ne sais pas ce que vous répondriez si on vous posait cette question (aujourd'hui!) mais je suppose que certains ne sauraient pas trop quoi répondre, notamment parmi les jeunes. « Je ne sais pas », « je crois que oui », « je ne suis pas sûre » … Pourtant c'est un peu comme si on posait la question à des adultes et qu'on leur demande s'ils sont mariés. Ils ne peuvent pas répondre « Je ne sais pas » ou « je ne suis pas sûr » ni même « peut-être ». C'est oui ou non. Et la question peut donc être posée ainsi : « Etes-vous mariés avec Dieu ? ». Est-ce que vous avez pris un engagement avec Dieu ? Un engagement privé et public, qui a peut-être coïncidé avec votre baptême ou votre confirmation et qui fait de vous un enfant de Dieu ? Si c'est le cas, vous portez maintenant le trésor de Dieu. Comme le dit Paul, vous dégagez alors un parfum qui vient de Dieu et ce parfum est une odeur de vie pour certains et une odeur de mort pour d'autres ! C'est incroyable mais vrai. Certains vont être attirés par vos paroles et votre comportement et ils vont même se tourner vers Dieu. Certains vous voient vivre et vous envient. Le parfum que vous dégagez est pour eux un parfum de vie. Tandis que pour d'autres, vos paroles et votre comportement sont insupportables. Si vous leur parlez de Dieu ils ne voudront même plus vous adresser la parole. Ils vont rejetter vos arguments et ils vont même vous rejeter vous. Le parfum que vous dégagez est un parfum de mort … C'est le même parfum mais il ne produit pas toujours le même effet. Cela ne doit pas nous surprendre puisque Paul nous avertit. Il ajoute aussi que nous reflétons la gloire de Dieu. Cela nous dépasse complètement mais si nous nous sommes (d'une certaine façon) « mariés avec Dieu », alors nous reflétons la gloire de Dieu.

Des disciples qui aiment Sophie la girafe !

Pourtant nous sommes vraiment des vases d'argile. Nous sommes fragiles. Nous remettons souvent les choses importantes à plus tard. Nous n'osons pas toujours parler de Dieu à nos amis et nous n'avons parfois pas trop envie de lire la Bible … D'ailleurs, si les corinthiens reflétaient vraiment la grâce de Dieu (et l'apôtre Paul n'en doute pas), ils étaient aussi des chrétiens fragiles et remplis d'erreurs. Au point que Paul ne cesse de les reprendre et de les corriger. Ils ont l'Esprit de Dieu en eux mais ils ont oublié Sophie la girafe ! Nous y voilà ! Il ne suffit pas d'être converti et de recevoir le salut. Il ne suffit pas d'être réconcilié avec Dieu. Il faut être un disciple. A la fin de la vidéo, il y a cette parole de Jésus qui se trouve dans l'Evangile de Matthieu : « Allez et faites de toutes les nations des disciples ». Dieu ne nous demande pas d'être sauvés et de nous arrêter de vivre. Il nous montre que nous sommes appelés à grandir en connaissance, en sagesse et en amour. Il ne nous demande pas non plus de simplement aider les autres à se convertir. Il nous demande d'être tous des disciples de Christ. Lorsque, dans la vidéo que nous avons vu, ce jeune homme n'arrive pas à parler avec son père de Jésus, nous pouvons penser que c'est parce qu'il s'est un peu laissé allé dans sa relation de disciple … Il a manqué de sagesse et il ne s'est pas mis à l'écoute de Dieu. Il n'a pas su saisir l'urgence de la situation.

Dites « C'est grâce à Dieu » !

Or le début de la sagesse c'est la crainte de l'Eternel (c'est ce qui est écrit dans le livre des Proverbes), le respect que nous lui devons. Ce respect, nous pourrons le manifester dans les grandes comme dans les petites choses. Prenons un exemple. Lorsque quelqu'un nous fait un compliment qu'allons-nous répondre ? Simplement « merci » ? Mais alors nous perdrons une occasion de parler de Dieu et de lui rendre ce qu'il lui appartient ! Tout ce que nous faisons de beau et de bien vient de lui. Les musiciens ont bien joué ce matin ? Nous allons les féliciter ? Nous espérons qu'ils sauront répondre « Mais c'est grâce à Dieu » ! Le pasteur a bien prêché aujourd'hui ? Nous allons le féliciter et le remercier ? Nous espérons qu'il saura répondre « Mais c'est grâce à Dieu ». Lorsque vos amis, vos proches, vos collègues de travail vous féliciteront, pensez à répondre par cette expression : « C'est grâce à Dieu ». En le faisant vous reconnaitrez que c'est Dieu qui vous donne la force d'accomplir des exploits. En le faisant vous commencerez aussi à parler de Dieu aux autres et vous susciterez les réactions et les questions. Et petit à petit vous saurez aussi persuader et supplier ceux qui vous entourent. En effet nous l'avons entendu dans cette lettre de Paul, alors que nous avons même du mal à parler de Dieu, Paul nous montre que nous sommes même appelés à convaincre les autres et à les supplier. Or depuis combien de temps n'avons-nous pas supplié quelqu'un ? A part nos parents pour qu'ils nous achètent le dernier iphone, ou nos enfants pour qu'ils arrêtent de se disputer et pour qu'ils se tiennent tranquilles ? Depuis combien de temps n'avons-nous pas supplié quelqu'un de se réconcilier avec Dieu ?

Je vous en supplie !

Si nous sommes attentifs à l'enseignement des apôtres, si nous sommes de nouvelles créatures et que nous nous soucions de grandir en nous plaçant aux pieds du maître, comme des disciples, alors nous allons parfois sentir un sentiment d'urgence face à ceux qui nous entourent. Et parfois nous nous mettrons à supplier quelqu'un parce que Dieu nous aura montré que c'était le moment. Evidemment nous n'allons pas passer notre temps à supplier tous ceux que nous croisons dans la rue. Nous allons parfois discuter et chercher à convaincre, avec douceur et intelligence. Lorsque nous ne saurons pas quoi répondre, nous le dirons avec humilité, puis nous reviendrons vers ces personnes, après avoir réfléchi et nous continuerons à discuter. Parfois il faudra savoir se taire. Et d'autres fois, il faudra savoir supplier, notamment lorsque nous sentirons que quelqu'un est prêt mais qu'il n'arrive pas à se décider. Nous pourrons alors supplier cette personne de se réconcilier avec Dieu. Comme nous pourrons un jour supplier un frère ou une sœur de se réconcilier avec nous !

Que Dieu nous montre le chemin. Si nous n'avons pas encore reçu son trésor. Si nous ne nous sommes pas encore « mariés » avec lui, alors ne tardons pas à le faire. C'est aujourd'hui le jour du salut ! Et si nous l'avons fait et que nous avons l'impression que notre vie est un peu tiède et que nous ne ressemblons pas beaucoup à ces chrétiens dont parlent Paul, qui tentent de persuader ceux qui les entourent et qui n'hésitent pas non plus à les supplier, alors il nous faut peut-être revenir aux pieds de Jésus pour redevenir un disciple attentif aux paroles du maître. Lorsque nous manquons des occasions, Dieu ne nous accable pas. Lorsque nous remettons des choses importantes (et notamment le temps que nous pouvons accorder à Dieu) à plus tard, Dieu ne nous accable pas. Mais il nous montre que nous sommes en train de nous faire du mal. Nous sommes en train de mépriser sa sagesse. Offrons-lui toute notre vie. Faisons du sport pour lui, de la musique pour lui … et reconnaissons régulièrement que ce que nous faisons et accomplissons, c'est … grâce à Lui ! Et décidons de grandir dans notre connaissance, dans notre amour, dans notre sagesse … car le temps est compté et nous allons un jour comparaître devant notre Dieu. Son nom ? L'Eternel, le Dieu de l'univers (Amos 4,12). Préparons-nous donc aujourd'hui pour ne pas être surpris demain !

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