Trouver la paix et le réconfort en Dieu ?

 

2 Corinthiens 1, 1-11
Prédication du 18 septembre 2016

Cigs

Un peu d'imagination ...

Je vais vous demander un peu d'imagination. Imaginez que votre Eglise reçoive une lettre de la part de celui qui a été son pasteur 10 ans auparavant. En recevant cette lettre toute l'Eglise est émue puisqu'elle sait que ce pasteur a beaucoup souffert depuis. Imaginons qu'il s'agit de l'Eglise de Toulouse et que 10 ans après son départ, le pasteur Gonzalez envoie cette lettre. Que sera devenu cette Eglise ? Que sera devenu le pasteur Gonzalez ? Que veut-il transmettre après toutes ces années ? Imaginons et lisons ...

 

« De la part de Pascal, qui par la volonté de Dieu est pasteur, au service de Jésus Christ, et de la part de Pierre (Mitchell), notre frère. A l'Eglise de Dieu qui est à Toulouse et à tous ceux qui appartiennent au peuple de Dieu dans la Haute Garonne entière : que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ vous accordent la grâce et la paix. Louons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père riche en bonté, le Dieu qui accorde le réconfort en toute occasion ! Il nous réconforte dans toutes nos détresses, afin que nous puissions réconforter ceux qui passent par toutes sortes de détresses en leur apportant le réconfort que nous avons nous-mêmes reçu de lui. De même en effet que nous avons abondamment part aux souffrances du Christ, de même nous recevons aussi un grand réconfort par le Christ. Si nous sommes en difficulté, c'est pour que vous obteniez le réconfort et le salut ; si nous sommes réconfortés, c'est pour que vous receviez le réconfort qui vous fera supporter avec patience les mêmes souffrances que nous subissons. Ainsi, nous avons un ferme espoir à votre sujet ; car, nous le savons, comme vous avez part à nos souffrances, vous avez aussi part au réconfort qui nous est accordé. Nous voulons en effet que vous sachiez, frères, par quelles détresses nous sommes passés dernièrement : le poids en a été si lourd pour nous, si insupportable, que nous désespérions de conserver la vie. Nous avions l'impression que la peine de mort avait été décidée contre nous. Cependant, il en fut ainsi pour que nous apprenions à ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais uniquement en Dieu qui ramène les morts à la vie. C'est lui qui nous a délivrés d'une telle mort et qui nous en délivrera encore ; oui, nous avons cette espérance en lui qu'il nous délivrera encore, et vous y contribuerez vous-mêmes en priant pour nous. Ainsi, Dieu répondra aux prières faites par beaucoup en notre faveur, il nous accordera ce bienfait et beaucoup le remercieront à notre sujet ».

 

La grâce et la paix … vous soient accordés !

Dans cette lettre inspirée de celle que Paul et Timothée ont écrit aux chrétiens de Corinthe il y a quelques secrets spirituels dont notre monde a besoin. Il y est d'abord question de grâce et de paix. En effet, après s'être présenté (comme le pasteur Gonzalez l'a fait dans sa lettre fictive), Paul, qui a rappelé qu'il était apôtre selon la volonté de Dieu, prononce cette parole de bénédiction sur l'Eglise de Dieu qui est à Corinthe et sur tous ceux qui appartiennent au peuple de Dieu, dans toute la région : que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ vous accordent la grâce et la paix. En prononçant cette « salutation » (que l'on peut retrouver dans plusieurs de ses lettres) Paul rappelle ce qui est important à ses yeux : la grâce (karis en grec) et la paix (shalom en hébreu). Voilà ce que Paul souhaite aux chrétiens de Corinthe et des environs. Voilà ce que nous souhaitons aux chrétiens de Toulouse et de France : que Dieu nous accorde la grâce et la paix. Et s'il nous fallait choisir entre les deux, peut-être choisirions nous la paix, tellement nous nous sentons proche de la guerre. Mais quelle paix pouvons-nous espérer et quelle est donc cette paix que Dieu nous accorde ?

 

Mardi dernier nous avons accueilli, dans notre Eglise, une rencontre interreligieuse où il s'agissait de se présenter, en tant que protestants, aux autres religions (dans le cadre de la semaine de la fraternité). Nous avons donc répondu à de nombreuses questions et puis nous avons aussi forcément parlé de terrorisme et de paix. Nous espérons que la paix reviendra. Nous espérons que ces initiatives de rencontres porteront du fruit dans les cœurs. Nous avons pourtant été quelques uns à affirmer que la paix ce n'était pas non plus la recherche absolue de l'absence de conflit. Parfois on ne se parle plus et on ne veut plus entendre les autres … pour avoir la paix et en espérant que ce silence (et cette absence de relation) produira la paix ! Dans notre société beaucoup voudraient d'ailleurs que les religions se taisent et qu'on ne parle plus de Dieu dans l'espace public (pour qu'il n'y ait plus d'affrontement). Beaucoup voudraient qu'on ait la paix ! Beaucoup voudraient que les religions se taisent et les laissent tranquilles. Mais est-ce cela la paix ? Nous croyons au contraire que la paix viendra de la discussion courageuse. La paix viendra même de la « dispute » théologique qui existait à l'époque du moyen âge. C'est parce que nous oserons parler franchement et courageusement de nos différences que nous trouverons petit à petit la paix. C'est aussi, et c'est de cette paix dont veut parler l'apôtre Paul, lorsque nous comprendrons la grâce de Dieu que nous recevrons la paix. Nous ne méritons rien et pourtant Dieu nous offre le pardon et l'amour. Lorsque nous comprenons cela et que nous l'acceptons, nous trouvons la paix, même au milieu des épreuves et de la guerre. Si nous rencontrons des frères en humanité c'est aussi pour leur parler de cette grâce et de cette paix. Nous ne nous rencontrons pas seulement pour nous gargariser et en espérant que nos rencontres toucheront les cœurs. Nous nous rencontrons aussi pour nous parler franchement et pour nous convaincre les uns les autres, avec respect et amour. Nous nous rencontrons pour parler de la grâce et de la paix tout en sachant que nous ne pouvons que témoigner. Le reste, c'est Dieu qui l'accomplit dans les cœurs. C'est lui qui accorde la grâce et la paix !

 

Si nous ne sommes pas encore sûrs d'avoir bien compris cette salutation, ne nous inquiétons pas trop. Paul donne quelques élements dans les phrases qui suivent ...

 

Le réconfort et le salut … en acceptant de passer par la souffrance !

Paul va tout d'abord louer Dieu pour le réconfort qu'il apporte en toute occasion. Après avoir prié Dieu de donner sa grâce et sa paix aux chrétiens de Corinthe, il veut remercier Dieu qui offre son réconfort en toutes occasions. Nous voulons, nous aussi, en septembre 2016, louer Dieu pour le réconfort qu'il apporte en toute occasion. Nous voulons commencer nos lettres et nos journées en louant Dieu pour le réconfort qu'il apporte. L'apôtre Paul explique en effet qu'il a connu des épreuves terribles et notamment une situation où il a cru que la fin était arrivée. Il désespérait de la vie et il pensait que la peine de mort avait été décidé contre lui. Ce n'est certainement pas que Paul avait peur de mourir, mais c'est sûrement qu'il ne comprenait pas que Dieu interrompe sa mission si vite … Or Paul a compris que cette épreuve (comme toutes les autres) lui ont donné la capacité d'expérimenter le réconfort de Dieu. Cette épreuve (comme toutes les autres) l'a rendu capable de réconforter ceux qui passaient, eux aussi, par des épreuves « insupportables ». Cette épreuve (comme toutes les autres) lui ont permis de placer sa confiance en Dieu au lieu de la placer en lui-même et en ses propres forces.

 

C'est cette expérience et ce réconfort reçu de Dieu (dans l'épreuve extrème) qui a donné à Paul beaucoup d'espoir au sujet de ses frères : « Ainsi nous avons un ferme espoir à votre sujet » ! Je crois que nous pouvons dire la même chose que Paul. Pour la plupart d'entre nous, nous avons déjà connu de grandes épreuves et nous avons connu le réconfort de Dieu. Nous sommes donc plein d'espoir au sujet de nos frères et sœurs, au sujet de l'Eglise. Vous allez souffrir comme nous et comme nous vous connaîtrez le réconfort de Dieu ! Nous ne sommes pas découragés par les épreuves. Nous ne sommes pas pessimistes. Nous avons confiance en Dieu et nous savons que, grâce à lui, vous tiendrez bons et vous connaîtrez le réconfort.

 

Est-ce automatique ? Peut-on passer à côté du réconfort de Dieu ? Toutes les épreuves nous amènent-elles vers le réconfort de Dieu et vers la croissance spirituelle ?

 

Nous sommes forcés de répondre que Paul parle essentiellement, dans cette lettre, de ces épreuves qu'il a rencontré, à cause de Christ. Dans le chapitre 11 de la même lettre, Paul détaille toutes ces épreuves, liées à sa mission :

 

« J'ai été en prison bien plus fréquemment, frappé beaucoup plus et en danger de mort plus souvent. Cinq fois j'ai reçu des Juifs la série de trente-neuf coups, trois fois j'ai été battu à coups de fouet par les Romains et une fois on m'a blessé en me jetant des pierres ; trois fois j'ai fait naufrage et une fois je suis resté un jour et une nuit dans les flots. Dans mes nombreux voyages j'ai connu les dangers dus aux rivières qui débordent ou aux brigands, les dangers dus à mes compatriotes juifs ou à des non-Juifs, j'ai été en danger dans les villes ou dans les lieux déserts, en danger sur la mer et en danger parmi de faux frères. J'ai connu des travaux pénibles et de dures épreuves ; souvent j'ai été privé de sommeil ; j'ai eu faim et soif ; souvent j'ai été obligé de jeûner ; j'ai souffert du froid et du manque de vêtements. Et sans parler du reste, il y a ma préoccupation quotidienne : le souci que j'ai de toutes les Églises. Si quelqu'un est faible, je me sens faible aussi ; si quelqu'un est détourné de la foi, j'en éprouve une vive douleur. S'il faut que je me vante, je me vanterai de ma faiblesse »

Paul ne parle donc pas de ces épreuves que nous rencontrons lorsque nous désobéissons à Dieu. Même dans ce cas nous pourrons connaître la grâce de Dieu et sentir son réconfort. Mais nous serons aussi appelés à nous repentir de nos fautes. Paul parle ici premièrement de tous ces moments où nous accepterons de vivre la souffrance, à cause de Christ. Alors que nous essayons bien souvent d'éviter la souffrance, Dieu nous demande d'accepter de souffrir pour lui comme Jésus a souffert à la croix. La souffrance ne nous fait pas entrer au paradis. C'est la confiance que nous avons en Dieu (au milieu des joies et des souffrances) qui sauve. Mais la souffrance subie à cause de notre foi nous fera connaître le réconfort de Dieu. Elle nous permettra aussi d'être un vrai réconfort pour les autres. Elle nous fera grandir dans la foi.

 

Avez-vous un ferme espoir concernant Dieu et vos frères et sœurs ? Les gens qui vous voient vivre, voient-ils un jeune, un adulte ou une personne âgée animés d'un ferme espoir ? Mardi soir nous avons aussi parlé de ces jeunes et de ces moins jeunes qui sont embrigadés dans des mouvements sectaires et violents. Ils sont désespérés et n'ont peut-être pas croisé de chrétiens remplis d'espoir. Ils n'ont peut-être pas vu, dans le regard des autres, un ferme espoir les concernant … Sommes-nous animés de ce ferme espoir ? Le partageons-nous autour de nous ? Donnons-nous envie de venir à Dieu, de venir à l'Eglise … ?

 

Si nous pensons que ce n'est pas le cas, nous devons demander à Dieu de nous renouveler. De nous montrer combien il nous a réconfortés et combien il est capable de réconforter ceux qui nous entourent. Nous devons peut-être nous repentir de notre tiédeur et reconnaître notre faiblesse. Sans Dieu nous ne sommes rien. Peut-être avons-nous essayé d'être de bons chrétiens en comptant sur nos propres forces … et Dieu est en train de nous montrer que c'est en lui qu'il faut croire. Il nous montre aussi que si nous devons nous vanter de quelque chose, c'est de nos faiblesses qu'il faut nous vanter !

 

Se vanter de nos faiblesses … et de la puissance de Dieu !

Croire en Dieu au lieu de croire en nous-mêmes

 

Voilà en effet ce que fait l'apôtre Paul dans toute cette lettre aux corinthiens. Lui qui pourrait se vanter de ses grandes réalisations, il préfère se vanter de ses faiblesses. Plus loin il écrit : « c'est quand je suis faible que je suis fort » ! Voilà le dernièr secret que nous transmet l'apôtre. C'est en reconnaissant nos faiblesses que nous devenons forts. C'est en acceptant nos limites que nous sommes forts. C'est en reconnaissant que c'est Dieu qui nous rend capables d'accomplir des exploits que nous sommes forts. Osons donc parler de nos faiblesses entre nous. N'essayons pas, sans cesse, de les cacher, parce que nous avons peur que le regard des autres changent sur nous. Faisons comme Paul. Nous n'avons pas besoin d'entrer dans le détail de nos souffrances avec tout le monde mais nous pouvons reconnaître humblement ces faiblesses et accepter les chemins par lesquels Dieu nous fait parfois passer. D'autre part, il ne s'agit pas de trouver des excuses à nos lachetés et à notre paresse. Il ne s'agit pas non plus de dire que Dieu se réjouit de nos fautes et de nos erreurs. Il ne s'agit pas non plus de penser que nous ne pourrons jamais rien faire de grand. C'est tout le contraire. Dieu veut faire de grandes choses avec tous ceux qui reconnaissent leur faiblesse et et qui croient. Ceux là trouveront la paix, le réconfort et la grâce, autrement dit le salut … et ils accepteront de souffrir pour ce grand Dieu plein d'amour … et ils sauront consoler et réconforter tous ceux qui souffrent autour d'eux. Que Dieu vous accorde sa grâce et sa paix. J'ai un ferme espoir vous concernant !


 

prédication gonzalez culte