Mariage pour tous -  Le regard d’un chrétien protestant

Maurice Raetz - 2016
 

Introduction :

Merci de m’avoir invité pour traiter ce sujet. Je vous félicite pour le courage que vous avez eu en programmant une conférence sur le sujet. Peu d’églises le font. Ce sujet a monopolisé l’ensemble des acteurs de la vie de notre pays pendant plusieurs mois. Aujourd’hui la loi est votée et elle est en application.

 

1- La loi et ses nouveautés. La loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a été publiée au Journal officiel du samedi 18 mai 2013.

Cette loi permet aux couples homosexuels de se marier. La loi ouvre également la voie de l’adoption à ces couples mariés. Ce texte reconnaît par ailleurs les mariages entre deux personnes du même sexe célébrés à l’étranger avant l’entrée en vigueur de la loi. Il rend aussi possible la célébration du mariage en France lorsque les futurs époux, dont l’un au moins à la nationalité française, vivent dans un pays qui n’autorise pas le mariage entre deux personnes de même sexe (et dans lequel les autorités diplomatiques et consulaires françaises ne peuvent pas procéder à la célébration).

Enfin, cette loi contient des mesures intéressant tous les couples comme notamment la possibilité :

  • de célébrer le mariage dans la commune où l’un des parents du couple a son domicile ou sa résidence,
  • pour chacun des époux de porter, à titre d’usage, le nom de l’autre époux, par substitution ou adjonction à son propre nom dans l’ordre choisi.

Le texte voté ne crée pas une loi spécifique, mais  modifie le Code Civil pour que le mariage soit possible entre deux adultes consentants.

Ce texte étend donc, sans les modifier, les dispositions actuelles du mariage, de l’adoption et de la filiation, en vertu du principe constitutionnel de l’égalité de tous les citoyens devant la loi. Certains vont considérer que le vote de cette nouvelle loi est un changement minime ne touchant que le mariage civil. Ils oublient que depuis 1787 le mariage civil est donné aux personnes non-catholiques du royaume.  Un siècle et demi plus tôt les réformateurs Luther comme Calvin désacralisaient le mariage dans le sens qu’ils considéraient qu’il était un acte social et civil, qu’il n’était pas un sacrement et qu’il pouvait être vécu par tous, les prêtres, les religieux et religieuses etc. Ce fut une grande révolution, un changement symbolique. Le mariage pour tous d’aujourd’hui représente aussi un grand changement. Comment le vit-on ? Faut-il l’encourager ou au contraire le combattre?  Comment allons-nous l’accompagner?

2-  Notre questionnement. Les nouvelles dispositions présentés dans ce nouveau texte sur le mariage, ouvert aux  personnes de même sexe, à l’adoption d’enfants par ces couples et la filiation, nous interrogent particulièrement sur :

  • - La conception biblique du mariage, civil ou religieux, mariage civil et/ou chrétien, mariage catholique ou protestant ? Quel sens donne-t-on à la cérémonie religieuse, à ce que l’on appelle la bénédiction de mariage? Cette cérémonie peut-elle être vécue avec des couples mariés de même sexes ?
  • -  (La sexualité, ses fondements (naturel et/ou culturel) et ses raisons d’être identité, relation privilégiée et procréation)
  • - L’homosexualité et notre lecture de la Bible.
  • - La filiation et ses limites.
  • - La  femme et l’homme, leurs égalités, différences, complémentarités, dépendances, etc. et les stéréotypes liés à la nature et aux cultures. Que nous dit notre lecture aujourd’hui de la Bible ?  
  • - Le chrétien et l’Eglise, quels comportements  pour continuer à témoigner dans ce monde de notre foi au Dieu de la Bible.
  • - Quelle est la vocation du droit civil ?
  • - Nous interroge sur l’accueil, l’humilité, l’amour, les incohérences, comment donner du sens, souligner les responsabilités, avertir sur les dangers, vivre dans la confiance en Dieu pour soi et pour l’autre, aujourd’hui et l’avenir. 

Voici quelques éléments de réponses à ce questionnement :

1- Une humanité double : Femme et Homme.

Nous constatons que l’humanité est composée de femmes et d’hommes, deux sections, deux sexes. Leur présence et l’attirance réciproque observées et analysées à la lumière de la Bible donnent à leur sexualité  un triple sens : - Pour une identité (égalité, différence, complémentarité, dépendance, relation, ordre, etc..) - Pour une relation privilégiée. - Pour procréer. Nous recevons cette réalité qui habite chacun comme un don de Dieu, d’autant plus qu’elle nous renvoie à Sa présence, parce que l’être humain est à son image1.  Que faisons-nous de ce don ?

2- Une humanité déchue.  

a. La condition humaine. La Bible et Paul en particulier dans Rom. 1.18-322,  offre  un diagnostic de la condition humaine qui, dans son état actuel, est désordonnée. Elle est en rébellion à l’égard de son créateur.  La liste des comportements injustes de Romains 1.26-323 est donc une liste de symptômes. La maladie sous-jacente n’est ni la sexualité, ni l’homosexualité ni autre chose, mais celle, concernant l’humanité tout entière, tombé sous le pouvoir du mal. (Rom.3.23.) Paul donne une vision globale de la déchéance de l’humanité. Il identifie les comportements homosexuels car ceux-ci illustrent la manière avec laquelle la déchéance humaine distord l’ordre créationnel.

L’homosexualité n’est pas a priori « pire » que les autres actes mentionnés en Romains 1.29‐31 (parmi lesquels se trouvent le meurtre, mais aussi des péchés souvent considérés comme moins graves : la méchanceté, l’avidité, la ruse, la diffamation, etc.). Mais tous séparent l’être humain déchu de Son Créateur et entraînent de fait Son jugement et Sa condamnation.

b. Approuver le mal.   Pour  Paul ceux qui approuvent de tels actes sont également condamnable (Rm1.32), car en  approuvant, ils se perdent eux-mêmes et confirmant les autres dans leur comportement ils les égarent. Ainsi ils retiennent la « vérité captive ». 
 
 
 
c. Juger l’autre.  Il est inexcusable de juge6r l’autre, car, en prenant ses distances et en se positionnant sur un niveau moral supérieur, celui qui juge ne reconnaît pas que son propre comportement est aussi symptomatique d’une humanité malade.   Tous, nous sommes coupables, malades. Pour Paul, le mal fondamental est le refus d’honorer Dieu et de lui rendre grâce (Rm 1.21). La colère de Dieu, en conséquence, consiste à laisser l’idolâtrie humaine poursuivre sa course destructrice, subir les conséquences de son propre péché, l’homosexualité en est une parmi tant d’autres.
 
3- L’homosexualité.

a- Le sujet est difficile, complexe et fortement émotionnel. Il est source de division. Car entre une acceptation de l’homosexualité comme expression de la sexualité, et son refus, il n’y a pas de voie médiane.  

b- L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse reste inexpliquée.

c- Au cœur du débat ne se trouve pas seulement l’homosexualité  comme un concept abstrait mais des personnes homosexuelles. Chaque fois que l’on parle de personnes, c’est rencontrer beaucoup de souffrances, de solitudes, de jugements, des moqueries et de la réprobation qui en ont conduit plusieurs jusqu’au suicide. C’est dramatique.

d- Les homosexuels se découvrent avec cette orientation. Ils considèrent qu’elle est naturelle, donc normale. Elle devrait être acceptée comme une alternative sexuelle et d’égale valeur avec l’hétérosexualité. Notre lecture des textes bibliques nous donne de considérer que l’homosexualité est un mal parce qu’une altérité ontologique est manquante dans cette pratique ainsi que l’impossibilité de procréer. (Rom. 2.26-27). Le mal a atteint la  nature humaine de l’homme en suscitant des dérèglements  de toutes sortes comme le mensonge, le vol, la violence, etc. Ce qui est inné ou apparaît comme tel, n’est pas automatiquement normal c’est-àdire bien. Les personnes ne sont pas responsables de leur tendance homosexuelle mais ils le sont en ce qui concernent leurs pensés et leurs actes homosexuels. (Jn.9.2.) Toutes personnes conscientes du mal pensé et commis, qui demandent pardon pour ses défaillantes, reçoivent par la foi en Jésus-Christ le pardon, la présence de l’Esprit Saint pour une perspective de vie transformée.

e- La filiation. Même si nous sommes en désaccord avec l’accueil d’enfants, par adoption, PMA (Procréation médicalement assistée) par des couples homosexuels, ou GPA (gestation pour autrui) nous devons considérer que l’enfant accueilli n’est pas responsable des prises de positions des parents et d’autres adultes. N’augmentons pas leurs souffrances en les laissant dans une situation de « sans papiers ». Nous encourageons la régularisation de ces situations. 
 
4- Une humanité sauvée.

a- La confession du mal pensé et commis et la foi en la parole du Christ donnent la grâce pour surmonter le mal. C’est la grâce de Dieu qui transforme la vie d’une personne par le pardon et la régénération et lui permet de vivre selon la volonté de Dieu. (Rom. 14.17 et 23 ; Eph.2.8-10 ;1 Jn 5.4). Cette grâce est reçue par la foi et pas par les œuvres. Cette grâce prime sur le comportement de toute vie. La foi avant la qualité. Tout pécheur repentant a donc sa place dans l’Eglise de Christ, quelle que soit ses problématiques et donc son orientation sexuelle. L’Eglise qui vit de la grâce est appelée à accueillir toute personne sans discrimination de sexe, de race, d’origine, de milieu, d’orientation y compris sexuelle, afin de les aider à vivre leur vie et leur foi dans la fidélité à la Parole de Dieu.

b- Une Eglise en chemin. La communauté chrétienne est appelée à souffrir avec l’humanité.

  • Elle a l’exigence de l’amour. « Aimer la personne et détester le péché ». Ne permettons pas à la haine du péché d’influencer notre amour pour la personne.
  • Elle a la nécessité de demander pardon pour les tords commis en particulier à l’égard des homosexuels.
  • Elle a la responsabilité de l’écoute et du dialogue  pour la communication du message de l’Evangile à toutes personnes. Dans cette attitude l’Eglise pourra apprendre à connaitre le prochain (ses désirs, ses attentes, ses angoisses, ses colères, ses questions, ses convictions etc.) et mieux l’aimer.   

 
5- Du discernement.

a- L’amour ce sentiment éprouvé à l’égard des autres, et même commandé par le Seigneur : « Tu aimeras le Seigneur… Tu aimeras ton prochain comme toi-même », ne peut-être le seul critère pour justifier un comportement. D’autres éléments sont nécessaires afin d’éviter diverses formes de dérives comme la polygamie ou la polyandrie (partage non exclusive de la vie intime d’un homme ou d’une femme), l’adultère (la trahison du conjoint), l’inceste (le déni des générations), la pédophilie (le déni de respect ou d’autorité, d’un adulte sur un enfant), etc.

b- L’égalité entre humains est une revendication normale car l’homme n’est pas supérieur à la femme et les humains entre eux. Ils sont tous créatures humaines, doivent assumer les mêmes responsabilités cultuelle (gérer le monde), et spirituelle (communiquer directement avec Dieu). Cette égalité devrait s’exprimer dans le couple dans la relation sexuelle (1Cor.7.3-4) comme dans le respect et la dignité. Mais cette égalité à ses limites.  Car, comment prendre correctement en compte la complexité de la gestion des relations hommes-femmes ? On ne peut pas confondre une institution mariant les contraires (homme-femme) à une association des semblables (homme-homme, femme-femme). On ne peut pas considérer qu’il y a égalité entre l’institution mariage et l’association de semblables pour les inclure dans le mariage. Le droit n’est pas un simple outil pour gérer les désirs privés  mais « le droit est fait pour mettre de la clarté dans les faits, et de la hiérarchie entre les valeurs ». Un véritable saut « qualitatif » sépare la protection de l’individu homosexuel contre les discriminations liées à ses tendances, et la reconnaissance du mariage du couple homosexuel en tant que tel. Le droit social ne peut être confondu avec le droit des personnes. Une amélioration du Pacs serait préférable.

c- La différence entre les personnes n’est pas absente de la relation homosexuelle affirment certains. Oui, mais la différence entre les hommes et entre les femmes est « numérique », dû au nombre, ils ne sont pas des clones. Alors que la différence entre un homme et une femme est « ontologique » car elle   touche leur identité sexuelle. Elle est chromosomique (L’homme est XX et la femme XY). Elle est relationnelle et procréationnelle (impossibilité).  Il faudrait mentionner, les différences dans les perceptions des choses de la vie, la psychologie, la relation à l’autre, enfant comme adulte, etc. Cette différence reste « ontologique », même si la culture, l’éducation, la relation avec les autres, etc., va influer sur la perception de son propre sexe, l’être fondamental de conception et de naissance reste toujours présent et ne peut être gommé, seulement, est c’est très important, pris en compte, pour réduire les souffrances et permettre l’épanouissement de la personne. 
 
6- Des distinctions

a- Distinguer entre la pratique désordonnée d’une passion charnelle et la recherche du vrai amour. Il nous faut considérer que cette recherche est mal orientée. Nier cette réalité c’est risquer de compromettre la réorientation de cet amour vers la chasteté ou une relation hétérosexuelle, en comprenant que Dieu à quelque chose à dire sur cet amour et rendre la personne capable d’aimer autrement.

b- Distinguer entre vie intérieure et vie extérieure. Regardons au cœur et ne nous arrêtons pas sur l’apparence et l’expression extérieure. La foi est avant la vertu. Cette dernière découle de la grâce conséquence de la foi. La transformation intérieure est nécessaire pour vivre autrement.

c- Distinguer entre accueillir, accepter la réalité et approuver ou désapprouver. Toute personne doit être accueillie et acceptée. Dans toute personne il y a des attitudes à approuver et désapprouver.

d- Distinguer entre renoncer à certaines responsabilités, et l’impossibilité de les exercer. Tout chrétien à des dons et peut assumer des responsabilités dans l’Eglise. Il peut arriver que certains services accomplis par des chrétiens en lutte contre certains péchés (alcoolisme, homosexualité, etc.)  choque d’autres chrétiens. Pour cette raison y renoncer est un geste d’amour et de respect de l’autre.

e- Distinguer entre revendiquer et lutter pour en sortir. Revendiquer une attitude comme normale et reconnaitre son problème et lutter contre ce mal. Ce dernier point décrit la situation de tous chrétiens. Certaines situations sont comme des addictions, desquelles ont ne sort pas, ou avec beaucoup de difficultés.                                                              
 
f- Distinguer n’est pas discriminer. Quand l’homophobie est définie comme comprenant l’ensemble des attitudes négatives à l’égard de l’homosexualité,   rappelons que distinguer n’est pas discriminer et que poser des repères et des limites n’est pas exclure mais permettre ou obliger à se situer. Poser des questions et y réfléchir, prendre des positions opposées n’est pas de l’homophobie. Par contre exprimer des injures et de la violence c’est de la haine et c’est inacceptable. 
 
7- De la sagesse.

a. Il est nécessaire de reconnaitre comme normal des divergences de point de vue sur les questions éthiques. Ne rejetons pas facilement ceux qui ne pensent pas comme nous. Les questions éthiques ont leur importance mais restent secondes, parce que le salut n’est pas la conséquence de nos bonnes pratiques dans la vie mais de la foi en Celui qui est mort et ressuscité pour nous, de notre foi en Jésus-Christ. N’oublions jamais que c’est cela qui est au cœur de l’évangile, la bonne nouvelle. En le vivant nous  glorifions notre Dieu. De plus cette reconnaissance qui nous donne de renoncer au mal.

b. Proposer et non imposer. Attention aux abus de pouvoir.

c. Reconnaitre que l’aide de personnes formées et compétentes est nécessaire pour correctement accompagner les personnes en difficultés.

d. Une demande de cérémonie religieuse par un couple homosexuel marié ne devra pas être rejetée d’emblé mais accompagnée par une explication de sens du mariage et de la cérémonie religieuse comme suit :  

  • Le mariage est une alliance créationnelle. Cette alliance est définie par une parole instituante, avec un engagement qui lie pour la vie entière. Le oui qui donne un nouveau nom. Elle se contracte devant témoins de façon publique. C’est le oui prononcé devant celui qui a en charge l’ordre social. Cette alliance est l’institution qui articule l’alliance de l’homme et de la femme avec la succession des générations. Dieu est témoin de cette alliance, qu’il y ait cérémonie religieuse ou non. Elle est l’image à l’échelle humaine de l’alliance entre Dieu et sa création, puis, suite à l’irruption du péché dans le monde, entre le Seigneur rédempteur et son peuple.
  • Le mariage n’est pas qu’un acte privé entre un homme et une femme ; il n’est pas qu’un acte religieux ; il est un acte social et public qui fonde la plus petite cellule de la société. Sa constitution implique dans l’ordre, quatre éléments :  
    • Un homme et une femme.  
    • Un choix personnel (un libre accord avec amour, respect et fidélité, un projet de vie commune et un don de soi à l’autre, total et pour la vie)  
    • Un acte social (validé devant ceux qui ont la responsabilité de l’ordre social, avec publicité, pour l’ordre et la protection du plus faible).  
    • Une unité de vie (avec partage de la vie sexuelle et affective, des responsabilités matérielle, professionnelle, sociale, religieuse et familiale). 

                                                            
 Ils sont nécessaires pour établir cette alliance voulue par Dieu, dès les origines de l'humanité pour tous les êtres humains et pas seulement pour les croyants. Ils sont d’ordre théologique et juridique et caractérisent « l’être du mariage ». Le mariage n’existe pas en plénitude si l’un des éléments vient à manquer. Le mariage est un contrat entre un homme et une femme dont la sortie n’est pas libre. Pour y mettre fin, il est nécessaire de passer devant celui qui a en charge l’ordre social (un juge) 

  • La finalité du mariage est l’épanouissement du couple et de chacun des conjoints avec un partage privilégié, une relation sexuelle unique et si possible la venue d’enfants. Le mariage consolide un  triple lien : conjugal, parental et fraternel. Il contribue à l’ordre dans une société en désordre. Il se réalise aussi en manifestant dans la durée, l’image vivante du Dieu de l’alliance. Si l’homme, en tant qu’image de Dieu, reçoit la vocation d’être “ le visage du Seigneur ” au sein de la création, le couple chrétien, lui, a pour tâche de faire de sa vie à deux le lieu où puisse se reconnaître, au milieu du monde, la présence, la compassion et la fidélité inébranlables du Seigneur. Le mariage, lieu de fidélité entre l’homme et la femme, est un miroir de l’alliance et de la fidélité de Dieu.
  • La cérémonie religieuse n’est pas un élément indispensable à la constitution d’un mariage. Elle ne peut se vivre que par les couples hétérosexuels dont le mariage est validé par les représentants de l’ordre social.  Cette cérémonie est un culte, expression de reconnaissance et de joie, une instruction rappelée au couple qui se marie, mais aussi à tous les autres couples chrétiens ou non chrétiens, un engagement avec des promesses à vivre la vie conjugale et familiale dans l’obéissance à l’Evangile, une demande de bénédiction avec une reconnaissance par Dieu de la vie en couple. Cette cérémonie doit être vécue dans le respect, l'humilité et la foi au Dieu d'amour,  qui est le Père, créateur et ordonnateur, qui est le Fils, sauveur et Seigneur et  qui est le Saint-Esprit, qui convainc et manifeste la présence de Dieu en nous et dans ce monde. e. Prières pour les personnes. Il est important de distinguer entre une demande de bénédiction sur un acte accompli dans la ligne de la volonté de Dieu (comme le mariage hétérosexuel) et une prière pour les personnes chrétiennes et en chemin vers un plus grand accomplissement de la volonté de Dieu. Demander la bénédiction de Dieu sur une cérémonie religieuse de mariage d’homosexuels n’est pas envisageable car cette cérémonie ne correspond pas au plan de Dieu. Mais prier pour les personnes est plus que souhaitable mais pas dans une cérémonie organisée spécialement.  
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8- Comment vivre l’amour pour l’autre et pour soi tout en luttant contre le mal présent dans les vies?

a- De la discipline. Ce mot vient de disciple, celui qui suit l’enseignement d’un maître. Pour le chrétien, celui de Jésus-Christ. La discipline exprime les règles de vie du chrétien et les règles de vie en Eglise.  Sans discipline il n’y a pas de bon fonctionnement de chrétien et d’Eglise. Mais souvent la discipline est vue comme la sanction.  

b- Qu’en est-il des textes bibliques ? Paul est bien conscient que les chrétiens de Corinthe auxquels il s’adresse, sont loin d’être sans péché.15 Paul continue à les appeler frères, parce qu’ils croient en Jésus-Christ, il rend grâce à Dieu pour la grâce que Dieu leur à faîte (1Co.1.2-6) Il est clair que la communauté chrétienne n’est pas une assemblée de parfaits mais un rassemblement en cours de sanctification, en voie de guérison, en chemin, mais pas encore arrivée. Le souci de l’apôtre n’est pas de purifier l’église en arrachant tous les membres corrompus, au risque d’arracher les bons (Mat.13.29), mais de guérir le corps souffrant en guérissant les malades du péché. Ce n’est que dans les cas extrêmes qu’une amputation peut se révéler nécessaire, afin que la gangrène ne s’étende pas au corps tout entier. L’inceste dans notre texte est un de ces cas. Il est encore valable aujourd’hui. Il nous semble que la pédophilie peut y être inclus (relation destructrice avec des enfants) mais pas l’homosexualité (relation entre adultes consentants) pour plusieurs raisons mais reprenons le vocabulaire de Paul : « Une inconduite qui ne se rencontre pas même chez les païens » 1Cor.5.1. La pédophilie est sévèrement punie dans la société, pas l’homosexualité, la pédophilie doit l’être dans l’Eglise sous peine d’un grave contre témoignage.

c- La démarche de Paul  pour lutter contre le mal:

 - Fait l’état des lieux.  

- Montre l’ambigüité. (Moi d’abord et tant pis pour mon frère alors que la Sainte Cène est symbole de pardon, de partage, d’amour et d’unité).  

- Donne du sens. (La sainte Cène, la sexualité, la résurrection, etc.)  

- Place chacun face à ses responsabilités. (Que chacun s’examine soi-même)  

- Avertir. (Nos pensés, nos paroles, nos actes sont tous avec des conséquences. « Celui qui sème le vent récolte la tempête. ») Avertir ce n’est pas menacer, ce n’est pas rejeter l’autre, ce n’est pas ce mettre à la place de Dieu. Avertir ce n’est pas vouloir transformer l’autre mais l’avertir pour lui éviter, peut-être des désagréments ; Avertir ce n’est pas commander, ce n’est pas imposer, mais EXHORTER ; Gal 6.1-2. Face aux questions d’aujourd’hui ces éléments devraient nous aider dans notre témoignage à l’intérieur de l’église ou des églises comme à l’extérieur pour « justifier notre espérance, et être prêt à la défendre avec humilité et respect, en veillant à garder notre conscience pure. »  (1Pi.3.15-16)

d- L’exemple de Jésus accompagnant les disciples d’Emmaüs. (Luc 24.13-35) Il les rejoint, Il les écoute, leur enseigne, partage des éléments de leur vie, vit un moment cultuel et leur intelligence (cognitive et affective) s’illumine,  et leurs vies changent sous l’effet de la grâce du ressuscité.

e- L’amour est préférable à la sanction et au jugement. Gal.6. 1. « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui être spirituels, redressez le avec douceur ». Paul exhorte à la compassion et à l’humilité « Prends garde à toi-même de peur que toi aussi, tu ne sois tenté. Portez les fardeaux les uns les autres » (Gal.6.1-2) Ce comportement est celui que nous devons avoir pour débattre des diverses questions en Eglise et dans la société.  
 
9- Conclusion. Notre intention est de discerner avec lucidité; de poser des règles et donner du sens sans  imposer; d’interpeller  pour que chacun vive ses responsabilité sans agresser; de dénoncer sans condamner; d’exprimer la vérité dans l’amour car : « Dieu nous jugera comme nous jugeons les autres et nous donnera comme nous donnons aux autres. » Mat.7.2.  

Apprenons à aimer notre prochain, homosexuel ou pas.